Chapelle Saint Alban

1

Jolie chapelle au milieu des vignes, facilement accessible.

Description

D'après R. Bailly, Répertoire des prieurés, chapelles, abbayes (Mémoires de l'Académie de Vaucluse, t. X, 1965-1966, p. 142), la chapelle Saint-Alban est citée en 1138. En effet, on la trouve mentionnée dans le cartulaire de la Commanderie des Templiers de Richerenches (édité par Ripert-Monclar en 1907) à propos de donations de biens à cet ordre. La chapelle est située au lieu de Bourbouton, fief possédé au XIIème siècle par la famille du même nom dont le dernier descendant Hugues, devenu templier et commandeur de Richerenches, fit don de tous ses biens à cette commanderie militaire.
Au XIIIème siècle, le château et le fief de Bourbouton avec son église appartiennent aux Templiers ; en 1312, après la dissolution de l'ordre, ils passent aux Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem lesquels en 1317 les remettent au Pape qui arrondissent ainsi leurs possessions du Haut Comtat.
Au XIVème siècle, le pape et le recteur du Comtat inféodèrent le fief de Bourbouton à diverses familles et en dernier lieu les Bernès qui le cédèrent à leur tour en 1476 au collège avignonnais du Roure (E, Malbois, Richerenches, dans Mémoires de l'Académie de Vaucluse, t. 27, 1927, p. 120-142).
Le lieu est devenu quasi déserté (seulement quelques granges) et il semble qu'aucun prêtre ne soit attaché à l'église ; d'ailleurs, en 1326, le pape a fondé le prieuré-séculier ou paroisse de Richerenches qui possède sous sa juridiction Bourbouton ; Saint-Alban n'apparaît plus par la suite que comme chapelle.
Sous l'Ancien Régime, le Collège de Roure (fondé à Avignon par le pape Jules II) est seigneur temporel et spirituel de Richerenches, Bourbouton ainsi que de Bouchet, c'est à dire qu'il est à la fois baronet prieur des trois fiefs.
Les archives du collège (D 269) conservent à ce titre quelques documents intéressants ; un " Etat des fiefs " mentionne que Bourbouton fut un " ancien petit village qui fut à ce qu'on croit brûlé dans les premières guerres des huguenots et dont il ne reste aujourd'hui (vers 1700) que quelques masures ". En 1770, on cite deux foyers seulement.
Un procès-verbal de visite de l'évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux en 1633 (D 269) mentionne la chapelle Saint-Alban : les consuls de Richerenches ignorent par qui elle a été fondée et précisent qu'elle est entretenue et a été rétablie par la charité des gens du lieu qui y font célébrer des messes : elle possède un autel couvert de 3 nappes, un retable représentant le martyre de St Alban, 3 chandeliers…(3 avril 1633).
Un autre procès-verbal de visite pastorale, conservé dans les archives de la commune (E dépôt Richerenches GG5) rapporte l'état de la chapelle en 1746 lors d'un nouveau passage de l'évêque : " le couvert a besoin de réparations. La chapelle est fort humide, l'eau y entrant facilement parce qu'il manque à l'entrée une marche plus élevée que celle qui s'y trouve. Il y a une fenêtre fort basse ferrée sans vitre et sans volet, une seconde petite fenêtre vitrée trelissée avec un fil d'archal mais qui n'est point fermée : une troisième fenêtre ferrée et trelissée. Il y a une fondation d'une messe chaque 22 juin jour de St Alban acquittée par le curé " (17 avril 1746)
L'évêque ordonna les réparations du couvert, de la marche d'entrée et de la fenêtre, et demanda de faire redorer le tableau.
Au moment de la révolution, La chapelle St-Alban ne figure pas parmi les biens séquestrés mais, sans qu'on s'explique véritablement de quelle façon elle y est arrivée, parmi les biens dépendant de la succession d'une habitante de Richerenches, Marie-Anne Sauvand laquelle à son décès le 4 floréal an IV légua l'ensemble de ses biens aux pauvres et à l'hôpital de la commune ; elle possédait ainsi " le domaine de St-Alban " dont la chapelle du même nom, laquelle fit l'objet d'un procès-verbal de constat de fracture de serrure le 7 germinal an V et fut le théâtre à la même époque d'attroupements de plusieurs habitants du village inquiets de voir la libéralité de la bienfaitrice des pauvres de Richerench

Thèmes

  • Patrimoine religieux
  • Chapelle

Ouverture

Toute l'année : ouvert tous les jours.

Visite

A voir uniquement de l'extérieur

Tarifs

Gratuit