Albert Roche est originaire de la commune de Réauville et issu d’une famille de cultivateurs modestes (le 3ème fils), on ne peut qu’approuver la décision du Maréchal Foch de le nommer « 1er soldat de France » le 27 novembre 1918 à l’âge de seulement 23 ans.

Albert Roche nait le 5 mai 1895 à Réauville (Albert Fernand Séverin Roche).

Albert Roche

Adolescent farceur et espiègle, ce qui lui vaudra quelques corrections paternelles, il est cependant travailleur et toujours prêt à rendre service. En 1914, alors âgé de 19 ans, il souhaite s’engager au grand dam de son père qui a besoin de lui pour l’aider aux travaux de la ferme. Mais il est « recalé » car on le juge trop chétif et petit. Qu’à cela ne tienne, il triche sur son âge et se fait enrôler. Voulant absolument aller là où les combats ont lieu, il quitte son camp d’instruction d’Alban dans le Tarn espérant que la punition réservée aux déserteurs lui sera appliquée : la première ligne de front ! Ce qu’il obtiendra évidemment. Désormais affecté aux 30ème Bataillon de Chasseurs alpins à pied en octobre 1914 puis au 27ème Bataillon BCA en juillet 1915, il peut laisser libre cours à son courage et parfois même à son inconscience. Tête brûlée, il se porte volontaire pour les missions jugées perdues d’avance.

En effet, Albert Roche est l’un des soldats qui pendant la 1ère Guerre Mondiale reçut le plus de blessures au combat (9) et de médailles et citations (nommé Chevalier de la Légion d’Honneur le 3 septembre 1918). Il aurait capturé à lui seul plus de mille cent prisonniers mais, aurait terminé la guerre avec le grade de simple soldat de 1ère classe des Chasseurs Alpins.

Le 27 novembre 1918, au balcon de l’Hôtel de ville de Strasbourg, devant une foule en délire, le Maréchal Foch appela un modeste soldat et proclama :

« Alsaciens, voici votre libérateur ! le premier soldat de France ».

Ce même jour, le Général Maud’hui épingle la Croix de Chevalier de la Légion d’honneur sur sa capote bleu horizon.

Il aura également l’immense honneur, en compagnie de sept autres camarades, de porter le cercueil du Soldat Inconnu lors de la cérémonie du 11 Novembre 1920 à l’Arc de Triomphe. En 1925, il accompagne le Général Gouraud (qui l’appelait « mon enfant ») aux obsèques de Lord French en Angleterre et est reçu à la table du Roi Georges V.

Après la guerre, il sera d’abord engagé comme cartonnier à Valréas puis comme pompier à la poudrière de Sorgues.

Il décédera à l’hôpital d’Avignon le 15 avril 1939 à l’âge de 44 ans, bêtement renversé la veille par une voiture en sortant d’un bus. Il est enterré à Sorgues où une simple plaque au « Jardin municipal » évoque sa mémoire.

Les honneurs militaires lui seront rendus lors de ses obsèques à la demande d’Edouard Daladier, alors Président du Conseil.

Le 6 novembre 1971, le Maire de Réauville Gabriel Jarniac inaugure la stèle de celui qui personnifia les vertus et l’héroïsme des « Poilus de 1914-1918 ». Le buste en bronze du « 1er soldat de France » regarde sa maison natale. Lors de cette inauguration, Monsieur Pic, Sénateur-Maire de Montélimar faisant allusion au mot « légendaire » figurant dans l’une des citations devait souligner :

  « Être entré bien vivant dans la légende est l’apanage des hommes exceptionnels ».

En juillet et novembre 2018, la Municipalité a fêté dignement le centième anniversaire de proclamation du 1er soldat de France en présence du 27ème Bataillon des Chasseurs Alpins.

Albert Roche n’a pas pu être honoré en 2020 par l’Union d’associations “La Flamme sous l’Arc de Triomphe, Flamme de la Nation” pour cause de confinement suite à la COVID-19. En effet, depuis le 11 novembre 1923, la Flamme ne s’est jamais éteinte et chaque soir, à 18h30 sous l’Arc de Triomphe, une cérémonie solennelle de ravivage y est organisée. Ce cérémonial n’a jamais cessé depuis, même pendant l’Occupation.  Cette Association devrait organiser en mai 2021, un déplacement de la flamme à l’occasion d’une cérémonie de ravivage à Réauville.

Un projet de court-métrage sur sa vie est en cours de préparation tant il semble incroyable qu’une telle bravoure ne soit pas plus connue et reconnue ! Si vous souhaitez contribuer financièrement à ce projet, n’hésitez pas à vous rapprocher de la Mairie de Réauville !

Un grand merci à Christian Bernard, élu de Réauville pour son aide et sa bonne humeur tout au long de notre fructueuse collaboration.